Barghawata et résistance

Posté par Michael Peyron le 16 avril 2010

Barghawata et résistance 

 

Introduction 

 

 

D’avoir fait peser sur les Barghawata1 toute la malédiction de l’histoire en tentant de les effacer de la mémoire marocaine reste une entreprise procédant du déni historique2. Resté longtemps sujet tabou, la question des Barghawata peut sans doute être désormais abordée sans passion et aussi objectivement que possible. D’autant plus que la ‘Marocanité’ de leur entreprise n’est plus à prouver, basée qu’elle était sur une population occupant la région de Tamesna aux rivières pérennes, à la fois cœur vital du Maghreb al-Aqsa et véritable poumon ouvert sur la mer océane. Population dure à la tâche, comptant des hommes courageux et des femmes énergiques d’après les commentateurs de l’époque3. De plus, bien qu’ayant relevé d’une entité politique déconsidérée par l’historiographie officielle, car perçue comme ayant colporté la plus discutable des hérésies, il est toute de même permis d’affirmer que la geste des Barghawata « idéologie (…) née d’une volonté de lutter contre l’oppression » 4, s’inscrit dans un très ancien processus marocain de résistance aux influences étrangères.

 

 

Résistance, donc, au VIIIe siècle vis-à-vis d’un diktat religieux, d’un projet de société, imposé depuis l’Orient en faisant fi des réalités, du génie des habitants du Maghreb al-Aqsa. Résistance « en réponse à la politique d’humiliation, de spoliation et de discrimination dont furent victimes les Berbères, après la révolte de Maysara »5. Celle-ci aboutira à la création d’un royaume marocaine authentiquement amazighe, ainsi qu’à une adaptation berbère très sévère de l’Islam, bien que quelque peu décalée par rapport à la religion-mère et basée sur un qur’an dans la langue vernaculaire qui n’a pas fini de défrayer la chronique.

 

 

Enclave déviationniste qu’il s’agira de défendre par tous les moyens envisageables. Nous nous proposons d’analyser en premier lieu la situation des Barghawata, privés de profondeur stratégique car adossés à l’Atlantique, et obligés de rechercher des alliances assez aléatoires, mais disposant apparemment de quelques moyens maritimes et s’appuyant sur des lignes de communication intérieures relativement courtes leur conférant un avantage tactique certain. Nous examinerons également le rôle que vont jouer les diverses régions dans ce dispositif défensif focalisé sur leurs confins est et sud-est, frontières de toutes les menaces.

 

 

Les frontières de Tamesna 

 

 

Les limites du royaume des Barghawata ne sont guères connues avec précision, d’autant plus qu’elles ont pu fluctuer au gré des combats. Il est possible, cependant, d’en établir les contours grosso modo.

 

 

-          Au nord et nord-est, le Bou Regreg, comprenant la ville de Chellah, tout au moins jusqu’au milieu du Xe siècle6 ; puis la vallée de l’Oued Bath jusqu’à sa source dans le Fazaz (Tamesna oriental).

 

 

-          À l’est/sud-est, le cours supérieur de l’Oued Grou et le Jbel Yiroujan7, puis l’Oum Rbia’ (Wansifn, ‘fleuve des fleuves’) jusque dans le Tadla ; enfin l’Oued Tansift (‘petit fleuve’), et ses environs.

 

 

-          Au sud-ouest, éventuellement, l’arrière-pays d’Asfi et des Haha8. (Tamesna occidental).

 

 

-          À l’extrémité nord du pays et séparé du reste des terres des Barghawata, citons pour mémoire le port de Sebta, lequel s’érigea (1061-1086) en petit royaume taifa semi-indépendant sous Soukout al-Barghawati9, jouant un rôle commode de fenêtre ouverte sur l’Andalousie, mais dont les liens avec le royaume hérétique demeurent flous.

 

 

Considérations stratégiques 

 

 

Les Barghawata occupaient une zone appelée Tamesna (‘au bord de l’eau’), ainsi que celle des Doukkala, avec une partie du Tadla, véritable grenier du Maghrib al-Aqsa. Ils disposaient, outre d’importantes ressources alimentaires, d’un ensemble propice au combat défensif, composé à la fois de petites montagnes boisées, de plaines, de forêts, de larges vallées (Grou, Khorifla, Bou Regreg, Beth) profondément entaillées dans le plateau central. Parmi celles-ci, la vallée du Baht, cassure profonde en partie bordée de falaises, qui faisaient figure de frontière naturelle avec les voisins Idrissides. Se prêtaient également à une action défensive le massif du Khatouat, ainsi que le cours supérieur du Khorifla (Khoriflet), d’autant plus que c’est sur ses rives que périra le chef murabit Ibn Yasin10.  Quant à la forteresse de Qala‘at al-Mahdi,11 tenue par les Zenata du Jbel inféodés aux Barghawata, elle semblait constituer avec la région du Tafoudeit et du Jbel Yiroujan leur bastion oriental. Celui-ci joua pleinement son rôle lors de l’invasion almoravide, la Qala’at ayant résisté entre sept et neuf ans aux armées de Youssef Ibn Tachfin12.  Il y a, du reste, tout lieu de penser que ces massifs boisés, éventuellement les collines des Haha, ont constitué le réduit suprême des Barghawata au moment où ceux-ci disparaissent finalement  de l’histoire au XIIe siècle. En effet, depuis les temps les plus obscurs, les Imazighen du Maroc ont su admirablement tirer parti des mouvements de terrain, s’accrocher aux collines, qu’il s’agisse du Khatwat, du Fazaz, du Tazizaout…

 

 

Autre atout majeur dont disposait les Barghawata : des voies de communications terrestres articulées autour d’un réseau de pistes et d’un système de messagerie rapide selon les critères de l’époque, à base d’irkassen à pied et/ou à cheval, sans parler des feux du genre tamatert pour donner l’alerte, ce qui leur permettait de parer à toute menace là où elle se présentait, dans les plus brefs délais. Ce potentiel défensif semble avoir été utilisé dans son ensemble à bon escient.

 

 

En effet, sachant lorsqu’il le fallait profiter des divisons chez leurs adversaires, les Barghawata ont réussi à tenir tête de 752 à 1149, et ce face à des attaques multiples et répétées des ennemis idrissides, fatimides, zirides, almoravides, ou almohades13. Parmi les adversaires auxquels ils se sont trouvés confrontés, un cas quasiment pathologique : celui de l’émir ziride Temym al-Yfrani (1032-1056), qui se vantait d’avoir « fait chaque année avec acharnement la guerre sainte aux Barghawata 14 ».

 

 

La stratégie des Barghawata aura sans doute connu deux phases. Une première, correspondant à la période de prosélytisme du IXe siècle, inscrite sous le signe de l’offensive à outrance. Une seconde phase à caractère nettement plus défensif, pendant laquelle les Barghawata donnèrent libre cours à la stratégie éternelle des combattants berbères : feindre de céder du terrain devant un envahisseur supérieur en nombre ; ne pas hésiter à abandonner les centres habités pour mieux s’organiser sur les hauteurs, d’où, le moment venu, l’ennemi faisant mine de se retirer, l’on saura fondre sur lui en exploitant à merveilles angles morts, couverts, et défilements. Tactique dite de « l’accrochage en retour »15 , parfaitement adaptée à un combat livré à l’arme blanche, ainsi qu’avec des frondes, des arcs et des flèches, et exploitant au mieux des forces de cavalerie. Tactique qui fera encore ses preuves, bien que dans un contexte différent, faces aux colonnes françaises dans le Fazaz au début du XXe siècle.

 

 

Autour de quels centres cette défense était-elle articulée ? La capitale barghawati où se trouvait-elle ? Était-ce bien à Anfa ? Tant que l’archéologie n’aura pas livré davantage de renseignements on ne pourra avancer que de prudentes supputations quant à l’emplacement des principales agglomérations du Tamesna à cette époque. Sont mentionnées les villes de Mediouna, Tamallouqat, Timghasn,16 ces deux dernières (où furent perpétrés, croît-on, d’effroyables massacres) ne pouvant pas être situées avec certitude. Il est, toutefois, probable que certaines localités actuelles, de par le choix de leur emplacement dicté par la topographie des lieux, telles que Rommani, Berrechid, et Settat étaient déjà habitées à l’époque des Barghawata. Comme ports on peut dénombrer Asfi, Oualidia, Azemmour, Anfa et Fdala (< fadl allah ?) ; quant à Agouz, ou Kouz (à l’embouchure du Tensift) et Amegdul (Souira), on ignore dans l’état actuel de nos connaissances, s’ils ont pu être exploités par les  Barghawata17. Quoi qu’il en soit, les ports dont ils disposaient revêtaient une importance vitale pour assurer les liaisons maritimes avec l’Andalousie, notamment Cordoue,  longtemps capitale incontestée de l’islam occidental, et siège du caliphat Oumeyyad. Or, l’on sait l’importance qu’attachaient les rois barghawata à ces liens privilégiés18, à la fois stratégiques et commerciaux, moyen pour un état paria de s‘octroyer un semblant de légitimité parmi le concert des nations d’alors.

 

 

Alliances extérieures possibles

 

 

Les Barghawata ont–ils véritablement bénéficié d’alliés ? L’émir Oumeyyad al-Hakim al-Moustanser semblerait avoir apporté une caution toute morale et temporaire au régime hérétique, suite à la visite à Cordoue en l’an 963 de Zemmour, haut dignitaire barghawati19. Autrement, hormis certaines tribus comme les Zenata de la montagne, Banu Yfran, Banu Ysker, Banu Waousinat, Izemin et autres20, solidement intégrés dans la mouvance barghawatie,  ils ne disposaient d’aucuns alliés sûrs. Parfois d’alliés de circonstance, sans plus. On a pu le constater à trois reprises.

 

 

1/  Selon une version dont nous disposons, l’émir de Sijilmassa, Mas’ud Ibn Wanoudin al-Maghrawi, aurait eu pour ancêtre Salih Ibn Tarif, ce qui ferait de lui un cousin, voire un allié virtuel, du roi barghawati. Alliance sans grande portée, toutefois, étant donné que Mas’ud fut vaincu par les murabitun Ibn Yasin et Abubakr Ibn ‘Aomar dès 105821

 

 

2/   En 1062 le gouverneur de Fès, Temim Ibn Mouansar al-Maghrawi s’est trouvé allié de facto des Barghawata lorsqu’il est venu battre l’armée de son confrère al-Mahdi Ibn Youssef al-Keznay qui s’était déclaré pour les Almoravides. Le fait que la tête du vaincu fut expédiée au gouverneur de Sebta, nommé Soukkout al-Barghawati, est également révélateur quant aux préoccupations de ce dernier. De plus, cette défait avait obligé Youssef Ibn Yachfin à quitter précipitamment le siège de la Qala’at al-Mahdi dans le Fazaz, réduisant ainsi la pression sur cette enclave barghawatie22. On peut, par conséquent, supposer une certaine activité diplomatique de la part des Barghawata qui avaient tout intérêt à exploiter les éventuelles faiblesses de leur ennemi principal – l’émir murabit Ibn Tachfin. Il est, toutefois malaisé, dans l’état actuel de nos connaissances, d’y déceler une action concertée, une stratégie d’ensemble.

 

3/   Lors de l’acte final de la saga des Barghawata, ce fut d’abord, en 1147, la révolte d’al-Massi (dit ‘al-Hadi’), tisserand originaire de Salé, qui rallia à sa cause les gens de Tamesna, mais aussi du Souss, non sans avoir enregistré un succès initial, avant d’être défait et tué par le général almohade Abou Hafs. L’année suivante, les Barghawata eurent de nouveau affaire à ‘Abd al-Mu’min lui-même, à la suite de quoi ils trouvèrent un allié inattendu en la personne du gouverneur almoravide de Sebta, Yahya Ibn Aboubakr Sahraoui. Celui-ci se mit en campagne et infligea un échec cuisant à l’émir almohade avant d’être mis à mal à son tour lors de la bataille suivante. Dernier soubresaut des Barghawata, en 1149, c’est le dénommé Abi Mezkida (< bu tmezgidda, ‘homme de la mosquée’ ?) qui se fait proclamer par eux et qui les mènent un temps sur le sentier de la guerre, jusqu’à sa mort au combat23. Tout se passe comme si, à court d’inspiration en fin de parcours, les Barghawata ne trouvant plus de chefs d’envergure issus de la lignée de Salih Ibn Tarif (exception faite pour un certain Farhil al-Barghawati mort au combat de Tit n-Wagourramt)24, se voient obligés de s’en remettre à de pauvres bougres, prêcheurs de condition modeste, en quelque sorte les premiers  marabouts (igwerramn) marocains. 

 

 

Ayant examiné les différents aspects de la situation stratégique à laquelle les Barghawata se sont trouvés confrontés, voyons à présent de quelle façon ils s’inscrivent dans un continuum historique spécifique, voué tout entier à la résistance.

 

 

La bataille de Beth et ses effets à long terme 

 

 

Comme point d’ancrage évènementiel, la bataille de Baht, dont le souvenir semble avoir perduré dans l’inconscient collectif marocain. Nous livrons ci-après, et sous toutes réserves, la traduction française d’un fragment de poésie épique consacré à cet épisode, attribuable à Sa’id Ibn Hicham al-Masmudi et rapporté, en arabe, par un certain Aboul ‘Abbas Fadl Ibn Moufaddal. Ce morceau dépeint les Barghawata comme d’impitoyables sabreurs, mécréants et impies :-

 

            « Femme ! ne pars pas encore ; reste ; raconte-nous,

 

            Donne-nous des renseignements certains.

 

            Les Berbères, égarés et perdus, sont frustrés dans leur espoir ;

 

            Puissent-ils jamais s’abreuver d’une source limpide !

 

            J’abhorre une nation qui s’est perdue,

 

            Qui s’est écartée de la voie de l’islamisme !

 

            Ils disent : ‘Abou Ghoufayr est notre prophète !’

 

            Que Dieu couvre d’opprobre la mère des ces menteurs !

 

            N’as-tu pas vu la journée de Baht ?

 

            N’as-tu pas entendu les gémissements qui s’élevèrent

 

            sur le pas de leurs coursiers ?

 

            Gémissements de femmes éplorées,

 

            Dont les unes avaient perdu leurs enfants ;

 

            Les autres, hurlant d’effroi ou laissant échapper le fruit

 

            de leur sein.

 

            Au jour de la résurrection les gens de Tamesna connaîtront

 

            ceux qui nous ont protégés.

 

            Younès sera là, avec les enfants de ses enfants,

 

            Entraînant sur leurs pas les Berbères asservis.

 

            ‘C’est donc là Weryawera25 ? Que la géhenne

 

            Se ferme sur lui, ce chef des orgueilleux !

 

            Votre réprobation ne date pas d’aujourd’hui,

 

            Mais de l’époque où vous étiez partisans de Maysara !’26 »

 

 

Image effectivement peu flatteuse des Barghawata, mais combat héroïque, mémorable, livré aux alentours de 890 sous le règne d’Abou Ghoufayr, probablement face à une incursion en force des Idrissides, et où la  célèbre cavalerie barghawatie a pu s’exprimer à fond. S’agissant dans doute de l’Oudd Beth, le terrain est effectivement tout en pentes douces coupées de ravins étroits et débouchant sur un fond de vallée, parfois resserré et se prêtant à des charges surprises ; parfois large et propice à de franches estocades en rase campagne27.

 

 

Épisode sanglant qui semblerait avoir été l’une des confrontations majeures de l’épopée des Barghawata. Si l’on doit en croire Sidi ‘Ali Amhaouch, qui, il est vrai, commentait l’événement quelques siècles plus tard, l’ardeur des combattants fut telle qu’il y aurait eu une véritable hécatombe :-

 

 

« Ainsi parlaient nos ancêtres : ‘À Beth, sept mille cavaliers

 

sept mille montures, tous resteront morts sur le terrain !’28 »

 

            sebε alf n bnadem d sebε alf n ušidar 

 

            a ġra diym iqqiman, a baht, nnant imzwura !

 

 

Chiffre à la fois fatidique (tout en admettant une certaine exagération) et sidérant si l’on songe qu’en faisant appel aux tribus alliées, les Barghawata ne pouvaient aligner que 23.000 hommes au total, dont 12.000 milles cavaliers29, et que la population du Maghreb al-Aqsa devait alors à peine dépasser quelques millions d’habitants.

 

 

D’ailleurs, le carnage ce jour-là, considérable d’après les critères de l’époque, atteignit de telles proportions qu’il marqua profondément et durablement les esprits. De sorte que dans l’inconscient collectif local, étant donné ses implications apocalyptiques, la vallée de l’Oued Beth fut associée avec de hauts faits d’armes, avec le merveilleux, le prodigieux. Lieu irrémédiablement lié à la destinée de ces contrées, où tout peu arriver :-

 

 

            « De l’Oued Beth sortira un ânon à la noire crinière

 

             Dont les ruades secoueront la terre entière !30 »

 

             tsul baht ad tarw yiwn ušnid igan abexxan             

             yili s wazzar ad ikka s tiqqar ddunit ! 

 

 

C’est ainsi que Sidi ‘Ali Amhaouch, assurant en quelque sorte la continuité de la pensée barghawati dans ce qu’elle avait de messianique31, prédisait l’apparition dans cette zone de transition entre Tamesna et Fazaz d’un duğğal (‘anti-christ’), chevauchant un âne noir, personnage annonçant la fin des temps ; éventuellement d’un mahdi, ou ‘être impeccable’. Notions héritées en droite ligne de la tradition mahdiste des Barghawata32, et se trouvant parfaitement en phase avec la mentalité des populations riveraines.

 

   

 

Résistance et continuité 

 

 

Voyons, à présent, de quelle manière, après l’effondrement des Barghawata au XIIe siècle, d’autres champions de l’authenticité marocaine prendront la relève, l’action, répondant cette fois-ci à une logique offensive, se déplaçant depuis Sijilmassa et les confins sud-est vers le Fazaz et le Gharb. Là aussi, l’invasion des tribus d’Orient, les Ma’qil en l’occurrence, liée à d’autres facteurs conjoncturelles, agira comme catalyseur, déterminera la remontée depuis le sud-est de groupements d’Imazighen, lancés dans une éternelle quête de nouveaux pâturages, avec en point de mire les plaines atlantiques, jadis fief des Barghawata33.

 

 

Les Dila’yin, notamment, installés à la charnière du Tadla et du Fazaz, dispensant un enseignement religieux orthodoxe en langue arabe, sauront un temps canaliser à leur profit cette poussée dynamique des tribus tamazightophones, chercheront eux aussi à s’ériger en royaume indépendant. Dila’, qualifiée par un célèbre historien marocain de « zawiya d’expression du nationalisme berbère, mouvement de remembrement de la race sanhajienne34 ». Démarche visant ultérieurement à remplacer un makhzen d’inspiration orientale par une institution de facture plus autochtone. Les Dial’yin, on le sait, parviendront à fonder un état éphémère dans le Maroc central et atteindront l’Atlantique, avant d’échouer dans leur entreprise.  Leurs héritiers ihansaln dans le Tadla, et, surtout imhiouach dans le Fazaz, tenteront à leur tour de créer un contre-pouvoir spécifiquement marocain, inspiré parfois d’une philosophie d’où le sentiment de démocratie ne sera pas exclu35. Mouvance berbère, voire sanhajienne, traditionnellement visualisée par l’intelligentsia citadine marocaine comme forcement subversive ; les Berbères du Moyen-Atlas ne sont-ils pas « l’âme de l’esprit factieux dans ce pays » ?36

 

 

Du reste, chacun y  va de sa petite phrase, y compris des historiens étrangers pour décrire « les tentations autonomistes » de ces Senhaja qui « se comportèrent durant plusieurs règnes comme d’intraitables séparatistes »37 ; où de les décrire comme faisant partie « de ces recalés de la grande histoire, condamnés depuis à être des éternels protestataires »38. Jugements quelque peu faciles qu’il conviendrait sans doute de nuancer car occultant les enjeux sous-jacents, les véritables raisons ayant inspiré la démarche de ces ‘protestataires’ doublés de ‘séparatistes’.  Difficile, en fin de compte, lorsqu’on est systématiquement tenu à l’écart, car échappant aux schémas du politiquement correct, d’être admis comme ayant historiquement contribué à la résistance, à la marche en avant de la nation toute entière.

 

 

Selon leurs prophéties apocalyptiques, les Imhiouach semblaient ne pas ignorer l’épopée des Barghawata, dans la mesure où, reprenant sous Bou Bcher Amhaouch le flambeau du radicalisme amazighe39, leurs propres actions allaient caresser d’assez semblables ambitions. Également imputable aux Imhiouach, les prédictions messianiques héritées des lointains Barghawata, focalisées notamment sur le mythe de Lenda, problématique capitale des temps futurs et source d’espoir en des temps meilleurs pour les populations du Fazaz40.

 

 

Si, en revanche, les ultimes gesticulations d’un Sidi ‘Ali Amhaouch contre Moha ou Hammou et/ou
la France, aboutissant au drame du Tazizaout, peuvent paraître dérisoires, elles ne peuvent être comprises que dans le cadre d’un continuum historique, d’une très ancienne tradition de résistance anti-makhzénienne, ayant caractérisé ces régions tamazightophones du VIIIe au XXe siècle.

 

 

L’héritage des Barghawata 

 

 

Il est par ailleurs, permis d’affirmer, que contrairement aux idées reçues, loin d’avoir sombré sans laisser de traces, les iburġawaţin ont laissé un héritage, certes diffus, mais effectivement présent – ne  serait-ce, tout d’abord, que cette patience, cette constance dans la plus irréductible des résistances qui, s’installant dans la durée, caractérisera les Imazighen jusqu’à nos jours. Exemple plus évident: le rôle que joue encore, en rapport avec la première prière, le coq du village, connu sous le vocable fqih, ou ţţalb, chez les Ayt Yahya de Tounfit. En pays Ayt Hadiddou, la prière du fžer s’appelle tazallit n ufullus (‘prière du coq’), ce qui nous renvoie directement aux Barghawata, chez lesquels cet oiseau sacré était, par ailleurs, gratifié d’une sourate dans leur qur’an41.

 

 

De même, si le nom de Dieu, yakuš, n’a plus cours, yuš, ainsi qu’un synonyme ancien, bu itran (‘maître des étoiles’), sont encore signalés42. Sans oublier que les Barghawata étaient célèbres en tant que magiciens et astronomes, savoir-faire dont on relève des traces de nos jours chez les Ayt Sokhman de la région d’Anargui : notamment la faculté d’émettre des prévisions météorologiques à l’aide d’un os de mouton, ou encore de se livrer à des interprétations évènementielles inspirées du mouvement des astres43. Autre procédé, pouvant choquer les âmes sensibles : l’importance accordée à la salive du fils de Salih Ibn Tarif, dynaste des Barghawata.

 

Assez récemment, cette coutume trouvait son pendant chez les saints de Bouja’ad, réputés pour leur baraka, notamment Si Mohammed Cherqi, dont la salive (voire le vomi) était censée renfermer des pouvoirs   magiques44.                                                                                                                                              

 

Conclusion 

 

 

Aussi sont-ils toujours d’actualité. Outre un certain regain d’intérêt vis-à-vis des Barghawata de la part des spécialistes des études amazighes, en raison du bruit qui a entouré l’affaire du qur’an traduit en berbère45, auquel ils sont irrémédiablement liés, ils ne peuvent laisser indifférent l’observateur averti.  Qu’on le veuille ou non, on se trouve en présence d’un entité constituée, ayant fonctionné plusieurs siècles en langue amazighe, avec sa royauté, son armée, son organisation socio-religieuse, son idéologie dominante et qui, en terme d’ancienneté absolue sur la terre marocaine, dispute la primauté aux Idrissides. À l’exception près qu’elle semblerait être quelque peu disqualifiée du fait de l’hérésie que l’on sait, impardonnable pour certains, et qui l’a rendue si redoutablement célèbre. 

 

 

Ainsi, cherchant en toute objectivité à y voir plus clair, à décrisper le débat, avons-nous tenté d’analyser la stratégie des Barghawata, de proposer d’éventuelles pistes de recherche,  afin de mieux comprendre la place qu’ils occupent dans un continuum historique de résistance marocaine. Gageons, enfin, que pour compléter nos connaissances sur ces proscrits de l’histoire, beaucoup reste à faire, notamment par le biais de la tradition orale, ainsi que dans le domaine de l’archéologie46.

 

  Michael PEYRON

 

  Université Al-Akhawayn, Ifrane

 

 

NOTES 

 

1  a) Le terme berġawaa serait une déformation de belġwaţa > ilġwaţen, ‘ceux qui ont dévié’ ; alternance entre /r/ et /l/ souvent attestée en Tamazight (cf. Ibn al-Zayyat al-Tadili, al-Tachawwuf ila rijal al-Tasawwuf/ Regard sur le temps des Soufis, Casablanca, EDDIF/ UNESCO, 1994-1995, éd. A. Toufiq, trad. M. de Fenyol, note 37, p. 357).  b) S’oppose à l’étymologie Barghawati < Berbati, du nom d’une rivière du sud de l’Andalousie, d’où ils seraient originaires. Cf. Abu ‘Ubayd al-Bakri, Kitab al-Mughrib fi dhikr bilad Ifriqiya wa’l-Maghrib/ Description de l’Afrique septentrionale, (trad. De Slane), Paris, Maisonneuve & Larose, 1913, p. 265 ; thèse reprise par Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, trad. de Slane, Paris, Geuthner, 1927, tome II/ p.133 ; c) rapprochement possible ( ?) avec la racine RĠWT > verbe rraġwet = ‘bouder, se fâcher’, M. Taifi, Dictionnaire Tamazight-Français, p. 574. 2  Imaginons, par exemple, une histoire du Royaume-Uni d’où serait expurgée toute mention de
la Réformation sous Henri VIII au XVe siècle, ainsi que toute référence à
la Grande Rébellion du Parlement contre la royauté des Stewart (1642-1649). 

 

3  al-Bakri, op. cit., p. 268. Cf. M. Tilmatine, « Religion and morals of Imazighen according to Arab writers of the Medieval times», (trad. R. Dahmani & H. Madani), The Amazigh Voice, été 2000, p.4 ; les gens de Tamesna y sont présentés comme des braves, les hommes affrontant des lions en combat singulier ; document disponible sur : http://www.syphax.nl/article.php?op=Printxsid=21 4   M. Lounaouci, « Le Royaume des Barghawata », Imazighen ass-a, n°2-3/mars 1995 : 2. 

 

5  V. Lagardère, Les Almoravides, Paris, L’Harmattan, 1989, p. 31. On notera qu’une traduction de cet ouvrage légèrement abrégé en langue anglaise, est disponible sur : http.//bewley.vitvalave.net/ibnyasin.html 

 

6  Cf. al-Bakri, op. cit., p. 259; notons que Abou Moussa, interprète de l’émissaire barghawati à Cordoue, « était natif de la ville de Chellah ». 7  Jbal Yiroujan. Nom au Moyen-Ăge des collines s’étendant entre Oulmès et Mulay Bou’azza. 

 

8  Des vestiges de forteresses signalées près de Chichaoua pourraient être tout ce qui reste des bases de départ des dernières offensives almohades contre les Barghawata au milieu du XIIe siècle (conversation avec J-F. Clément, le 26/07/03). 9  Dans quelle mesure peut-on accréditer la phrase « The heretic Barghawata Berbers set up a taifa state (…) in Sabta… », d’après H. Kennedy, A Political History of Al-Andalus (1997) & D. Nicole, El Cid & the Reconquista (1988); disponible sur http//www.balagan. org.uk/war0711/1008.htm 

 

10  Ibn Abi Zar’, Rawd al-Qirtas/ Histoire des Souverains du Maghreb et annales de la ville de Fès, (trad. Beaumier), Rabat, Laporte, ‘reprint’ de 1999, p. 116. 11  Cf. M. Peyron, « Qala’at al-Mahdi, forteresse des hérétiques barghawata dans le Moyen-Atlas marocain », AWAL, Cahier d’études berbères, n°25/2002 : 105-110. 

 

12  Naciri, Kitab al-Istiqça, vol. XXXI, Paris, Geuthner, p. 106 & 148 ; Ibn Abi Zar’, op. cit., p. 124 ; H. Terrasse, Histoire du Maroc, Casablanca, Atlantides, 1951, p.224-225 ; pour les retombées du siège sur la région du Fazaz/Tadla, cf. E. F. Gautier, « Medinat-ou-Dai », Hespéris, 1926 ,1er trim., Paris, Larose, p. 11. 13  F. Moutaoukil, « Les Barghawata », Parimazigh n°2, disponible sur 

 

http.//www.mondeberbère.com/civilisation/histoire/barghwata.mm 14  Ibn Abi Zar’, op. cit., p. 98. 

 

15  Tamaluqqat, cf. (éventuellement) Tamelluqt, ; en pays zaïan, Timghasn, forme plurielle, rapprochement possible avec son singulier > Amghas ( ?), localité en bordure occidentale du Fazaz (Moyen-Atlas), proche de Mrirt. Problème des toponymes amazighes identiques pouvant se présenter en plusieurs points du pays. 16  E. Leglay, Les Sentiers de la Guerre et de l’Amour, Paris, Berger-Levrault, 1930, 

 

17  Cf. B. El-Mghari, «De Mogador à Essaouira: aperçu historique», Empreintes (Mélanges offerts à Jacques Levrat), Al Asas/La Source, Salé, 2000, p. 92. 18  al-Bakri, op. cit., p. 261.     

 

19  Ceci soulève la question des éventuels moyens maritimes (tout au moins d’une navigation côtière) dont disposaient les Barghawata. Selon le Professeur El Houcine Rahmoune (Fac. des Letres, Mohammedia), le fait que le Maroc ne possédait aucune flotte de guerre à l’époque a pu être un facteur ayant joué en faveur des Barghawata. Pour le Professeur Laïla Maziane (Fac. des Lettres Dhar Mhraz, Fès), les Cordouans ont pu dépêcher eux-mêmes une galère afin de transporter la mission diplomatique de Zammur. Selon le Professeur Pierre Guichard (Univ. Lumière, Lyon) les communications entre Barghawata et Cordoue ont pu être assurées aussi bien par voie maritime que par le nord du Maroc suivi d’un franchissement du détroit (entretiens lors du colloque «La Résistance marocaine à travers l’histoire », le 05/12/03, Fac. des Lettres, Rabat). 20  Ibid., p. 270 ; V. Lagardèr, op. cit., p. 31. 

 

21  H.T. Norris, The Berbers in Arabic Literature, London & New York, 1982, p.150, citant Ismaïl Ibn al-Ahmar, Buyutat Fas al-Kubra, Rabat, Dar al-Mansur lil-tiba’a wal-wiraqa, 1972. 22  Ibn Abi Zar’, op. cit., p. 123. Signalons, en toute équité, que V. Lagardère (op. cit., p. 73) émet des réserves quant à la longueur exacte du siège. Intéressant, par ailleurs, que le cas de Soukkout, un Barghawati temporairement repenti qui finira par mourir en 1077 selon les traditions de son peuple, l’arme à la main, près de Tanger lors de la bataille de l’Oued Mina face aux Almoravides, (Ibid, p. 125 ; Naciri, op. cit. vol. XXXI, Paris, Geuthner, 1925, p. 107. 

 

23  Ibid., pp. 162-163; Ibn Khaldoun, op. cit., pp. 181-183; pour la répression qui a suivi cette révolte en Tamesna, ainsi que chez les Haha, voir fragments d’al-Baidaq, Documents inédits de l’histoire almohade, (trad. E. Lévi-Provençal), Paris, Geuthner, 1928, pp. 180-183. 24  Ibid., p. 183. 

 

25  weryawera, ‘celui après lequel il n’y a rien’ (al-Bakri, op. cit., p. 261), mais sans doute déformation de wr iyyi am wa, lit. ‘semblable à lui, il n’y en a pas’, être impeccable’ (entretien avec M. Ahayzoun, Fès, le 25/04/03). Selon Le Professeur Mohammed Hammam, directeur du CEHE à l’IRCAM, wr proviendrait du Zénète ancien avec le sens de ‘fils de’ (entretien, Rabat, le 05/12/03). 26 al-Bakri, op. cit., pp. 265-266; cf. également H.T. Norris, op. cit., p. 101, ainsi qu’une version nuancée de cette traduction dans Ibn Khaldun (op. cit., tome II/ p. 129), où les deux derniers hémistiches se lisent ainsi :- 

 

« Ce jour-là ne sera pas pour vous un jour de (triomphe), bien que vous triomphez  dans les nuits (de l’ignorance), étant partisans de Maysara ! » C’est Maysara qui, on le sait, avait mené au combat les Berbères du Maghrib al-Aqsa lors de la révolte  kharijite de 740. 

 

27  Des ruines de forteresses anciennes auraient été signalées dans certains recoins du pays zemmour, sans que l’on ait pu, pour l’heure, ni les dater, ni leur attribuer une origine précise (entretien avec J-F. Clément, le 26/07/03 ; confirmé par le Professeur Enrique Gozalbes Cravioto, Fac. des Lettres, 04/12/03). 28   A. Roux, Poésies berbères de l’époque héroïque, M. Peyron éd., Aix-en-Provence, Édisud, 2002, p. 191. 29   al-Bakri, op. cit., p. 270; Ibn Khaldoun, op. cit., p. 156; V. Lagardère, op. cit., p. 31 

 

30  A. Roux, op. cit., p.191. Cf. autre allusion à « l’âne à la grande crinière dont le monde entendra parler », V. Loubignac, Textes dans les parlers Zaïan et Ait Sgougou, Paris, Leroux, 1924, p. 441/8, où le duğğal est associé à un ânon noir.  Prophéties messianiques attribuées tant à Sidi ‘Ali, qu’à son aïeul Sidi Boubcher Amhaouch. Pour davantage de précisions à ce sujet, cf. conte en tašelh’it, « Ddjjal d Yajuj u Majuj », H. Stroomer, Tashelhiyt Berber Texts from the Ayt Brayyim, Lakhsas and Guedmioua Region (South Morocco), Köln, Rüdiger Köppe Verlag, 2003,  pp. 220-225. 31  Fragments poétiques du genre ahellel relevant des prophéties apocalyptiques des Imhiouach (méritant à elles seules une étude séparée), et qu’il s’agit, bien entendu, d’aborder avec prudence. Cf. J. Drouin, Un cylce hagiogaphique dans le Moyen-Atlas marocain, Paris, Sorbonne, 1975, pp. 111-113. Sidi ‘Ali Amhaouch a pu avoir connaissance de la bataille de Beth par le biais de la transmission orale ; sinon, en tant que lettré ayant fréquenté la Qarawiyin dans les années 1870, il aura pris connaissances des textes d’al-Bakri, ou autres (entretien avec O. Ould-Braham, le 02/08/03). 

 

32  al-Bakri, op. cit., p. 261 33  D.M. Hart a rédigé une étude très complète sur ce phénomène de la remontée amazighe du sud-est au nord-ouest, « Four centuries of history on the hoof », Journal of Morocco Studies, n°3/1993 : 21-55 ; cf. également, J. Chiapuris, The Ait Ayash of the high Moulouya plain,  Michigan, Ann Arbor, 1979, pp. 17-36. 

 

34  A. Laroui, Origines sociales et culturelles du Nationalisme marocain, Paris, Maspero, 1997, p. 150. 35  Concernant Dila’ cf. G. Drague, Esquisse d’histoire religieuse du Maroc, Paris, Peyronnet, 1951, pp. 132-138 ; M. Hijji, Az-Zawiya ad-dila’iyya, Rabat, Al matba’a al Wataniya, 1964 ; L. Mezzine, Le Tafilalt, Rabat, Fac. des Lettres, 1987, etc.. 

 

36  Citation d’Akansous, reprise par A. Laroui (op. cit., p. 166) ; cf. également M. Morsy « Comment décrire l’histoire du Maroc », Actes de Durham : recherches sur le Maroc moderne, n° hors série du B.E.S.M., Rabat, 1979, p. 123. 37  B. Lugan, Histoire du Maroc, Paris Perrin/ Criterion, 2001, p. 187. 

 

38  D. Rivet, De Lyautey à Mohammed V, le double visage du Protectorat, Paris, Denoël, 1999, p. 110. 39  Naciri, op. cit., vol. X, p. 57. S’agissant d’une période marquée par des tensions arabo-berbères, notamment au sein de l’armée chérifienne entre contingents ‘abid et barabir al-wata’ (M. El Mansour, Morocco in the reign of Mawlay Sulayman, Wisbech, MENAS, 1990, p. 102), Boubcher Amhaouch aurait annoncé son intention de courir sus à ceux qui parlaient arabe au Maghreb. 

 

40  J. Drouin, L.O.A.B., 24/1996 :129-146 ; Lenda, hameau entre Khenifra et Lqbab, davantage connu comme site de la défaite du sultan Moulay Sliman en 1818 face à Boubcher Amhaouch, occupe une place de choix dans l’imaginaire collectif local. 41  Pour la sacralité du coq et de la poule chez les Barghawata, cf. al-Bakri, op. cit. , pp. 268-269 ; également R. Basset, « Recherches sur la religion des Berbères », Revue de l’Histoire des Religions, Paris, Leroux, 1910, p. 50. 

 

42  Le terme yuš serait encore connu dans le Rif, (communication verbale, A. Khalafi, Ifrane, le 17/03/03) ; celui de bu itran est communément usité chez les Ayt Yahya de Tounfit. 

43  Observations personnelles sur le terrain lors de voyages répétés dans ces régions, de 1967 à nos jours

 

44  Cf. mémoire d’étudiante sur les saints de Bouja’ad : B. Halimi, Jackals, Saints and Shrines, Faculté des Lettres, Rabat, 1987, p. 29 ; pour l’importance accordée à la salive, consulter R. Basset, op. cit., p.50. 45  Kamal n Aït Zerrad a traduit le qur’an en Kabyle, alors que le professeur Lhoucine Jouhadi achevait en 2000 à Casablanca une version en Tamazight. Cf. aussi, « Le Coran fait peur au pouvoir », traduction d’un article du Economist de Londres, disponible sur http://www.geocities.com/tamaynut/coran.htm 

 

46 Une campagne de fouilles sur plusieurs sites (ports, villes de l’intérieur, champs de bataille, etc.) serait assurément de nature à fournir d’importantes données sur l’époque des Barghawata. Perspective encore incertaine faute de financement adéquat.                                                                                                                                                               

 

   Michael PEYRON 

 

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